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Dynamisme économique et vandalisme organisé en Bugey

Le 10 septembre dernier, le Président de la République choisissait d’annoncer la mise en place de la « taxe carbone » depuis les ateliers de la Compagnie Industrielle d’Applications Thermiques (CIAT) situés à Culoz (Ain). Il saluait ainsi le dynamisme de cette entreprise de 2400 employés qui s’illustre dans la production de pompes à chaleur : leader français de la climatisation, la CIAT est l’un des principaux employeurs du Bugey et contribue grandement au rayonnement économique de cette région.

La gare de Culoz

La gare de Culoz

Mais cet événement arrivait à point pour en faire oublier un autre, beaucoup moins glorieux : durant la seconde quinzaine du mois d’août, la SNCF profitait des vacances scolaires pour faire démolir la grande halle de la gare de Culoz, avec la bénédiction de la mairie et de la plupart des élus locaux. Ce vénérable bâtiment avait été construit en 1858 par l’une des principales compagnies sardo-piémontaises de chemin de fer, la Compagnie Victor-Emmanuel, pour servir de terminus à ses lignes sur ce qui était, pour quelques mois encore, la frontière franco-savoyarde. Par son style autant que par ses dimensions, cet édifice, où étaient primitivement installés les bureaux des douanes françaises et sardes, constituait l’exemple le plus remarquable de l’architecture ferroviaire sarde encore existant sur le territoire français. Il alignait vingt-cinq portes ; les murs de pierre crépie étaient couverts, dans leur partie supérieure, d’un décor de boiseries tout à fait original ; et l’avant-toit de style savoyard était soutenu par une charpente apparente alliant harmonieusement le bois au métal.

Tous les experts s’accordaient à dire que ce bâtiment méritait une protection au titre des Monuments historiques, et la Commission régionale de Protection du Patrimoine et des Sites (CRPS) de la région Rhône-Alpes avait même rendu, en décembre 2008, un avis favorable à son classement. Cette expertise ne fut pas prise en compte, et les arguments économiques de la SNCF, qui ne souhaitait plus entretenir un monument coûteux, l’ont finalement emporté sur l’attachement des habitants du Bugey à leur patrimoine architectural.

Dernier souvenir de la grande halle, il subsiste, sur le sol du quai central de la gare de Culoz, une belle mosaïque ornementale datant du xixe siècle. Et l’on se plaît à espérer que les projets de réaménagement n’entraîneront pas la disparition de cet ultime vestige.

FP

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