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Exposition « De la Grèce à Rome : Tarente et les lumières de la Méditerranée » à Daoulas

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Jusqu’au 3 janvier 2010, le centre culturel de l’abbaye de Daoulas (Finistère) présente une très riche exposition intitulée De la Grèce à Rome : Tarente et les lumières de la Méditerranée. Le projet est ambitieux : il s’agit de retracer l’histoire de Tarente, la plus prestigieuse cité de Grande Grèce, depuis sa fondation, au viiie siècle av. J.-C., jusqu’à la conquête romaine, au iiie siècle avant notre ère. Le parcours proposé suit un ordre chronologique et commence donc par évoquer les origines du peuplement du site depuis l’époque proto-historique, en signalant les populations indigènes, notamment les peuples iapyges (Messapiens, Dauniens, Peucétiens).

La fondation de la cité, qui est l’œuvre d’exilés lacédémoniens, est ensuite expliquée avec une grande clarté, et les commissaires de l’exposition soulignent à juste titre ce fait remarquable que Tarente est la seule colonie qu’ait jamais fondée Sparte.

Le cœur de l’exposition est consacré à l’époque classique (ve-ive siècles av. J.-C.), qui vit la cité atteindre son apogée en exerçant une véritable hégémonie sur toute la Grande Grèce. Cet essor est abondamment et brillamment illustré par des pièces parfois spectaculaires (céramiques, sculptures, monnaies, armes de tout type), déplacées en grand nombre depuis des musées parfois lointains, comme le musée d’art antique et le musée archéologique d’Udine.

L’âge hellénistique (ive-iiie siècles) est ensuite évoqué, avec la pression exercée par les populations italiques sur Tarente, qui confie alors son destin à des chefs mercenaires ou le remet entre les mains de souverains étrangers, comme les rois d’Épire Alexandre le Molosse et Pyrrhus. Finalement passée sous protectorat romain en -272, la colonie lacédémonienne est détruite par sa rivale victorieuse en –209, après un éphémère ralliement à Hannibal, lors de la seconde Guerre punique.

Mais à son crépuscule, en ce iiie siècle mouvementé, Tarente aura eu le temps de transmettre à Rome une partie de sa culture raffinée : elle fut, probablement autant que Syracuse, l’une des sources du premier hellénisme romain, et c’est un grand mérite des commissaires que de le rappeler.

Cette exposition, riche et très bien conçue, aurait pu éviter quelques longueurs : l’avènement de l’Empire romain est évoqué à travers quelques portraits d’empereurs qui n’ont guère de lien avec la cité grecque. Il eût mieux valu rappeler que la célèbre statue de la Victoire, placée par Auguste dans la Curie julienne, provenait justement de Tarente.

Les commissaires s’attachent aussi à illustrer l’influence que l’art tarentin a exercée sur la culture celtique, ce qui, à défaut d’être complètement infondé, reste anecdotique ; mais il est vrai que les villes de Tarente et de Brest sont jumelées depuis 1984… Ces rares critiques marginales ne doivent toutefois pas faire oublier l’essentiel : cette exposition, riche de plus de 250 pièces, fait revivre avec éclat l’histoire tragique et mouvementée d’une des plus brillantes cités de la Grèce antique.

FP

JBAmadieu Histoire, Recension d'activités culturelles

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